Une berce du Caucase est entourée de buissons, d’herbes et d’un arbre.
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Jardin

Attention, jardiniers: ces plantes sont interdites

Susanne Loacker

Il existe en effet des plantes dites «interdites» en Suisse: les néophytes (du grec: nouvelles plantes) à reproduction rapide rendent la vie difficile aux espèces indigènes, déclenchent des allergies ou sont toxiques pour les humains et les animaux. Environ dix pour cent de toutes les néophytes en Suisse sont considérés comme des «plantes problématiques». La loi interdit, par conséquent, de les manipuler et d’en faire le commerce.

Dans cet article

Comment reconnaître ces plantes appelées «des néophytes»

Nouvelles plantes», un nom qui peut sembler être inoffensif au premier abord. Et bien sûr, ces plantes ne constituent pas toutes une menace. Aujourd’hui encore, nous sommes reconnaissants du fait que la pomme de terre a su trouver son chemin des Andes vers l’Europe à la fin du XVIe siècle.

Cependant, les plantes envahissantes qui se reproduisent rapidement et chassent les espèces indigènes ou sont toxiques ou hautement allergènes sont combattues en Suisse. Et c’est exactement ce que désigne le terme de «néophytes».

À l’heure actuelle, les terrains privés ne sont pas surveillés pour voir si les plantes interdites sont enlevées, mais certaines personnes exigent ce type de mesure. Dans les faits, l’achat de nouvelles plantes et leur importation sont interdits, et cela est vérifié lors de contrôles aux frontières.

Si vous n’êtes pas sûr(e) que la plante qui se trouve sur votre terrain fasse partie des néophytes interdites, l’application «PictureThis» vous aidera à reconnaître les plantes à l’aide d’une photo. Proposée pour Apple iOS et Android, l’application elle-même est gratuite; les frais pour les achats effectués dans l’application vont de deux à 55 francs.

Pour savoir ce que vous n’êtes pas autorisé(e) à planter dans votre jardin, il est préférable de consulter l’Annexe 2 de l’Ordonnance fédérale sur la dissémination dans l’environnement. Sur cette liste figurent onze plantes qui ne sont pas autorisées selon l’ordonnance de 2008. Quatre d’entre elles sont des plantes aquatiques:

  • la crassule de Helms
  • l’hydrocotyle fausse-renoncule
  • la jussie à grandes fleurs
  • l’élodée du Canada
Une jussie à grandes fleurs pousse dans une étendue d’eau.

La jussie à grandes fleurs se propage principalement par le biais de l’homme, par exemple suite à l’élimination illégale de plantes de bassins de jardin et d’aquariums dans la nature.

L’ambroisie élevée / l’ambroisie à feuilles d’armoise

Son pollen et son inflorescence peuvent provoquer de graves allergies et de l’asthme chez l’Homme. Originaire d’Amérique du Nord, cette mauvaise herbe annuelle se propage par le biais de terre déplacée, mais aussi par la nourriture pour oiseaux. Bien que sa présence en Suisse soit documentée depuis la Première Guerre mondiale, sa propagation n’est devenue envahissante que depuis les années 1990.

L’ambroisie à feuilles d’armoise aime les étés chauds – il est donc tout à fait possible qu’à long terme, elle s’impose en Suisse malgré toutes les mesures de résistance. Au stade précoce, elle ressemble à la camomille. Si vous avez de l’ambroisie élevée sur votre terrain, assurez-vous de l’arracher avec les racines avant la mi-juillet (avant la floraison). Et à titre préventif, ne donnez pas aux oiseaux de la nourriture toute prête en hiver.

La photo montre de l’ambroisie élevée en gros plan.

L’ambroisie élevée, Ambrosia artemisiifolia, peut provoquer de graves allergies et de l’asthme chez l’Homme.

La berce du Caucase

Cette ombellifère, également connue sous le nom de «berce de Mantegazzi», peut atteindre trois mètres de hauteur et est originaire du Caucase. Elle produit des substances qui, en combinaison avec la lumière du soleil (ou une lampe puissante), provoquent chez les humains et les animaux des cloques douloureuses et difficiles à guérir, un peu comme une brûlure, lorsqu’on la touche. La berce du Caucase a été désignée comme la plante toxique de l’année 2008. Si vous avez l’intention de l’arracher (de préférence au printemps), vous devez absolument porter des vêtements de protection, y compris une protection faciale. Les surfaces de grande taille doivent d’abord être tondues, puis les plantes arrachées doivent être brûlées.

Gros plan d’une berce du Caucase qui pousse dans un pré.

La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) semble inoffensive, mais peut pourtant provoquer des cloques douloureuses chez l’Homme.

La balsamine de l’Himalaya

Cette belle plante filiforme originaire du sous-continent indien a été introduite en Europe comme plante ornementale au XIXe siècle. On l’appelait aussi «impatiente glanduleuse». La plante possède un immense système racinaire composé d’innombrables racines très fines.

Le problème est qu’elle pousse très vite, jusqu’à deux mètres en hauteur, et qu’elle évince ainsi d’autres plantes. Fraîche, elle est légèrement toxique et est donc utilisée comme vomitif dans certaines cultures. La fleur de Bach «Impatiens» est fabriquée à partir de la balsamine de l’Himalaya.

Dans la lutte contre l’impatiente glanduleuse, il faut avant tout faire preuve de patience: les jeunes plantes ont des racines assez peu profondes et sont faciles à arracher. Cependant, il faut répéter cette action à de nombreuses reprises, et surtout sur toute la surface, car les plantes adultes projettent leurs graines jusqu’à sept mètres et prolifèrent ainsi fortement en largeur.

Gros plan sur de la balsamine de l’Himalaya – elle ressemble à une orchidée filiforme.

La balsamine de l’Himalaya, Impatiens glandulifera, est également appelée «impatiente glanduleuse».

La renouée de Sakhaline

Il existe trois espèces de renouée, la renouée du Japon étant la plus courante. Pendant des décennies, cette plante apparentée à la rhubarbe a été plantée en Europe comme brise-vue et nourriture pour les animaux sauvages.

Elle pousse rapidement et de manière dense et évince ainsi les plantes indigènes. Ses racines puissantes capables d’endommager les bâtiments et d’entraver la protection des berges posent également problème. Comme les racines meurent en hiver, le sol s’érode d’autant plus.

Pour lutter contre la renouée, il faut tout simplement l’arracher. Si l’infestation par la plante est forte, il convient de creuser le sol à une profondeur de trois mètres environ et de l’éliminer, car la plante peut se régénérer à partir de minuscules particules. Les déchets doivent absolument être brûlés.

Gros plan sur une renouée de Sakhaline. Elle ressemble à un sureau en fleur.

La renouée de Sakhaline, Reynoutria sachalinensis, chasse les espèces indigènes et favorise également l’érosion du sol.

Le sumac vinaigrier

Le sumac vinaigrier est originaire de l’est de l’Amérique du Nord et est arrivé en Europe au début du XVIIe siècle en tant que plante ornementale, car ses feuilles prennent une jolie couleur en automne et l’arbre est très facile à entretenir.

C’est aussi la raison pour laquelle il devient facilement un véritable fléau. Il vaut donc mieux éviter de le planter et l’enlever, même s’il est beau, car il ravit l’habitat d’autres plantes. Ses racines sont peu profondes, mais poussent dans un rayon de cinq mètres.

Si vous voulez conserver votre vinaigrier, placez une barrière anti-racines tout autour de l’arbre pour qu’il ne se répande pas de manière incontrôlée. Si vous souhaitez vous débarrasser d’un sumac vinaigrier, l’abattre ne suffit pas: toutes les racines dans un rayon de cinq mètres doivent aussi être retirées du sol.

Un vinaigrier aux feuilles fines et aux capitules rouge foncé.

Le vinaigrier, Rhus typhina, est un arbre magnifique. Vous pouvez le conserver, mais vous devez limiter la prolifération de ses racines.

Le séneçon de Mazamet

Cette plante de la famille des astéracées, originaire d’Afrique du Sud, est envahissante dans de nombreuses régions du monde. Elle pousse sur les bords de chemins, et on peut également souvent voir ses fleurs jaunes le long des autoroutes. La prolifération de cette plante, favorisée également par le réchauffement climatique, cause des dommages à la biodiversité, car elle chasse les espèces indigènes. Elle est, qui est plus, toxique. Le séneçon de Mazamet étant très résistant à toutes sortes de désherbants, l’arrachage constitue la seule manière de s’en débarrasser – le plus tôt possible dans l’année, avant qu’il commence à fleurir.

Les fleurs jaunes du séneçon de Mazamet.

Le séneçon de Mazamet défie tous les désherbants – et doit dont être arraché.

Le solidage verge d’or (y compris les hybrides)

Le solidage verge d’or originaire d’Amérique du Nord et du Canada formant des rhizomes persistants, jusqu’à 300 nouvelles plantes peuvent pousser sur un seul mètre carré au printemps. Pendant longtemps, il a été utilisé comme plante ornementale et pour créer des prairies mellifères.

Cependant, ce solidage verge d’or envahissant prive les autres plantes de lumière et de nutriments à cause de sa densité. Pour limiter sa propagation, il convient de tondre la plante près du sol avant sa floraison au mois de mai, puis à nouveau en août. Cette mesure permet d’affaiblir les plantes. Les petites surfaces peuvent être simplement arrachées à la main. Les racines doivent être transportées dans une usine d’incinération des déchets, et non pas jetées dans les déchets verts.

Un solidage verge d’or avec des fleurs jaunes.

Le solidage verge d’or ou Solidago virgaurea est utilisé depuis longtemps comme plante ornementale. Cependant, en raison de sa croissance rapide, il évince d’autres plantes.

Autres plantes de la liste noire

Si vous voulez faire encore plus pour la biodiversité: en plus de l’annexe 2 officielle de l’Ordonnance fédérale sur la dissémination dans l’environnement, la fondation suisse Info Flora a dressé une «Liste Noire» reprenant actuellement 41 plantes. Seize autres plantes figurent sur la «Watch List» indiquant que leur prolifération est étroitement surveillée.

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